Trois questions à Pascal Ambroise

Photo de Pascal Ambroise, co-dirigeant de Sinaps

Ce n’est pas un scoop, les applications faisant appel aux objets connectés se développent. Reste que, sur le terrain, les déploiements réels sont encore souvent des POC et autres pilotes. Co-dirigeant de Sinaps, une entreprise spécialisée dans le domaine, Pascal Ambroise dresse un état des lieux très concret.

Q1
Votre société développe des applications basées sur des objets connectés, des portails, des climatiseurs, des mobiles… Comment évolue ce marché ?

Précisons d’abord que nous travaillons sur tous les objets mobiles, connectables à travers des réseaux hertziens, mais aussi, sur des objets fixes difficilement accessibles et qui nécessitent des déplacements, comme les portails notamment. Notre modèle économique est basé principalement sur la collecte et la délivrance des données issues des objets connectés. Une activité pour l’instant peu développée dans le milieu purement industriel. Nos clients sont majoritairement des PME et des ETI. Il reste difficile, encore plus pour nous de par notre taille, de participer à des projets avec des grands comptes. La SNCF avait fait appel à nous pour des escaliers mécaniques de la gare Montparnasse. A ce jour, le projet a achoppé pour de multiples raisons. Par contre, en particulier parce que les cycles de décision sont plus courts, les ETI lancent de nombreux projets.

Q2
Les projets IoT incluent-ils de l’IA ?

Souvent les ingénieurs participant à la conception du projet imaginent de la maintenance prédictive, de l’intelligence artificielle…En fait, les projets suivent une logique beaucoup plus réaliste couvrant les besoins des clients. Il s’agit souvent d’abord de faciliter l’adéquation entre les équipements fournis et les usages. Un nombre de pannes élevé sur un portail peut être lié à un mauvais calibrage, 300 ouvertures quotidiennes pour un équipement prévu pour une centaine ! L’IoT remonte ces informations sans déplacement, désamorce les conflits et facilite l’adéquation entre usages et équipements. La première vague de projets a souvent cet objectif et évite une partie des déplacements de techniciens. La seconde, ou la deuxième version des projets, a pour but de faciliter l’identification des pannes et problèmes à distance. Bien sûr, là encore, il s’agit pour les industriels et les exploitants de limiter les déplacements. La troisième, rarement en production aujourd’hui, analyse les données pour comprendre, par exemple, que tel composant tombe souvent en panne, et doit être remplacer à tel moment, pour éviter une interruption de services, de la maintenance prédictive.

Q3
Quels sont les freins à ce jour selon vous ? La sécurité est-elle bloquante ?

Dans notre activité, la sécurité n’est pas un facteur bloquant, au moins pour l’instant. Techniquement, les applications sont protégées parce qu’elles reposent encore très largement sur des protocoles propriétaires, difficiles à pirater. Les freins tiennent plutôt à la taille des entreprises, au coût des objets connectés et des réseaux, aux impacts sur les organisations à prendre en compte… Souvent, le coût de développement des applications, la collecte des données et leur intégration dans des logiciels du système d’information, reste très limitée. La vrai projet est organisationnel et, sur un plan financier, est lié aux objets et aux datas remontées. Le marché est porteur. Pour l’instant, il se développe plus à partir de besoins concrets et bien identifiés que de technologies comme l’IA.

2018-11-16T16:03:22+00:00novembre 16th, 2018|Actualités|